Article publié le 2026-09-24 17:37:35
Le déchaussement des dents se repère à des gencives qui saignent, se rétractent et laissent voir la racine. Les dents paraissent plus longues, deviennent sensibles au froid, puis peuvent bouger. Consultez dès le premier saignement répété : au stade de gingivite, la maladie est encore réversible.
Il touche plus de huit adultes sur dix après 35 ans et reste indolore au début.
Premier signe : un saignement des gencives au brossage, même léger et indolore.
Signe d'aggravation : une dent qui paraît plus longue, sensible au froid, puis mobile.
Fréquence : 84,6 % des adultes français de 35 à 65 ans ont au moins une récession.
Quand consulter : dès qu'un saignement se répète, sans attendre la douleur.
Le déchaussement des dents correspond au recul de la gencive, qui découvre la racine. Il traduit le plus souvent une perte du tissu qui attache la dent à l'os.
Selon le Cabinet Dentaire Bontemps, la récession gingivale désigne la migration apicale de la gencive marginale sous la jonction amélo-cémentaire, exposant la surface radiculaire de la dent, le plus souvent associée à une perte d'attache clinique et à une hypersensibilité dentinaire.
Pour distinguer un simple recul de gencive d'une vraie maladie parodontale, un examen s'impose. Au Cabinet Dentaire Bontemps, à Cergy (95), l'équipe réalise ce bilan. Le cabinet se trouve au cœur de Cergy-Pontoise, à 35 minutes de Paris en RER A. Le Dr Joy Bensoussan y pratique notamment la parodontologie, la spécialité des tissus de soutien de la dent. Un dépistage précoce vous évite des soins plus lourds par la suite.
Parodonte : les tissus qui tiennent la dent en place. Ce sont la gencive, l'os alvéolaire, le ligament et le cément de la racine.
En France, une enquête nationale a examiné 2 144 adultes de 35 à 64 ans en 2002-2003. Parmi eux, 95,4 % présentaient une perte d'attache et 46,7 % une perte d'au moins 5 mm. Cela fait 1 000 personnes sur les 2 144 examinées. Selon l'Assurance Maladie, gingivites et parodontites expliquent 30 à 40 % des extractions dentaires. Sur dix dents arrachées, trois ou quatre le sont donc à cause des gencives.

La récession est un recul visible de la gencive. La parodontite est une infection qui détruit l'os en profondeur. Les deux peuvent coexister, mais ne se traitent pas de la même façon.
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Critère |
Récession gingivale |
Parodontite |
|---|---|---|
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Ce qui se voit |
Racine découverte, dent plus longue |
Gencives rouges, gonflées, qui saignent |
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Ce qui se passe |
Recul de la gencive sur la racine |
Destruction de l'os et du ligament |
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Douleur |
Sensibilité au froid ou au sucre |
Souvent indolore longtemps |
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Mobilité de la dent |
Rare au début |
Fréquente aux stades avancés |
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Causes principales |
Plaque, tabac, brossage trop agressif |
Plaque bactérienne, tabac, diabète |
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Réversibilité |
Tissu perdu non récupéré sans chirurgie |
Gingivite réversible, parodontite stabilisable |
Une étude française de 2010 a porté sur 2 074 adultes de 35 à 65 ans, tirés d'un échantillon national. Au total, 84,6 % avaient au moins une récession gingivale, soit plus de huit adultes sur dix. L'âge, le sexe masculin, la plaque dentaire et le tabac étaient liés à l'étendue des récessions. En revanche, le diabète, le poids et l'alcool n'y étaient pas associés.
Au Brésil, une étude sur 1 460 personnes trouve des chiffres proches. La moitié des sujets (51,6 %) avait une récession d'au moins 3 mm, et 22 % d'au moins 5 mm. Le tabac et le tartre au-dessus de la gencive étaient les deux facteurs les plus liés.
Les premiers signes sont discrets et rarement douloureux. La parodontite évolue ensuite sur plusieurs années, sans alerte franche.
L'Assurance Maladie décrit deux stades successifs. Voici les signes à surveiller, du plus précoce au plus avancé :
Saignement au brossage : même quelques traces roses dans le lavabo signalent une inflammation.
Gencives rouges ou gonflées : une gencive saine est ferme et rose pâle.
Mauvaise haleine persistante : elle revient malgré un brossage correct.
Dent qui paraît plus longue : la gencive a reculé et découvre le collet de la racine.
Sensibilité au froid : la racine exposée n'est plus couverte par la gencive.
Espaces nouveaux entre les dents : les dents migrent quand l'os qui les tient diminue.
Dent qui bouge : le ligament a perdu son attache, c'est un stade avancé.
Un exemple fréquent : vous remarquez une sensibilité au froid sur une canine, et la dent semble dépasser ses voisines. Ce tableau évoque une récession localisée. Il mérite un examen, même sans douleur.
Consultez dès que l'un des signes se répète. Au stade de gingivite, la maladie est réversible, selon l'Assurance Maladie. Plus vous attendez, plus les tissus perdus sont difficiles à récupérer.
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Situation |
Ce qu'elle suggère |
Conduite à tenir |
|---|---|---|
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Saignement au brossage depuis plus de quelques jours |
Gingivite probable |
Prendre rendez-vous pour un contrôle |
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Dent plus longue ou sensible au froid |
Récession gingivale |
Consulter pour mesurer le recul |
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Espace nouveau entre deux dents |
Perte osseuse possible |
Consulter rapidement |
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Dent qui bouge |
Parodontite avancée |
Consulter sans tarder |
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Gencive gonflée avec pus ou douleur |
Abcès parodontal possible |
Consulter en urgence |
Certaines personnes doivent être encore plus vigilantes. C'est le cas des fumeurs, chez qui la perte osseuse est plus importante. C'est aussi le cas des personnes diabétiques, car le diabète et la maladie des gencives s'aggravent mutuellement. La grossesse fragilise aussi les gencives, surtout entre le troisième et le neuvième mois.
Le bilan se déroule au fauteuil, lors d'une consultation. Il mesure l'état de vos gencives dent par dent pour fixer un plan de traitement.
L'entretien : le praticien recherche vos facteurs de risque, comme le tabac, le diabète ou certains médicaments.
L'examen des gencives : il note l'inflammation, les saignements et les rétractions visibles.
Le sondage parodontal : une sonde graduée mesure la profondeur des poches autour de chaque dent.
La recherche de plaque et de tartre : notamment sous la gencive, au contact de la racine.
Les radiographies : un panoramique donne une vue d'ensemble, puis des clichés « long cône » précisent la perte osseuse.
Le plan de traitement : il découle de ces mesures et de la gravité constatée.
Prenons un exemple : le sondage relève une poche de 6 mm sur une molaire. Cette mesure guide le choix entre un simple nettoyage et un traitement plus approfondi.
Un traitement adapté permet de stabiliser la maladie. En revanche, la gencive perdue ne repousse pas seule : seule une greffe peut recouvrir une racine exposée.
Le traitement commence toujours par une hygiène irréprochable et l'arrêt du tabac. Vient ensuite le détartrage, qui retire le tartre au-dessus de la gencive. Si des poches existent, le surfaçage radiculaire nettoie les racines sous la gencive, sous anesthésie locale. Le praticien peut diviser la bouche en quatre ou six segments, traités en plusieurs séances. Dans les formes avancées, une chirurgie parodontale ou une greffe de gencive peut être proposée.
Le remboursement dépend de l'acte, selon l'Assurance Maladie :
Détartrage et radiographies : pris en charge au tarif conventionnel.
Autres soins des gencives : tarif libre, avec un devis écrit, bilan parodontal compris.
Personnes diabétiques en ALD : soins remboursés à 100 %, assainissement renouvelable tous les trois ans.
Le déchaussement des dents progresse en silence. Il se manifeste ensuite par des gencives qui saignent, reculent et laissent bouger les dents. Un saignement répété suffit à justifier un contrôle. Détecté tôt, le problème se stabilise avec une bonne hygiène et un nettoyage adapté. Un bilan parodontal vous dira où vous en êtes, et quels soins envisager.
Comprendre la maladie des gencives : gingivite et parodontite, Assurance Maladie (ameli.fr), 9 avril 2025
Consultation et traitement de la gingivite et de la parodontite, Assurance Maladie (ameli.fr), 9 avril 2026
Epidemiology of periodontal status in dentate adults in France, 2002-2003, Bourgeois D, Bouchard P, Mattout C, Journal of Periodontal Research, juin 2007
Risk assessment for buccal gingival recession defects in an adult population, Sarfati A, Bourgeois D, Katsahian S, Mora F, Bouchard P, Journal of Periodontology, octobre 2010
Gingival recession: epidemiology and risk indicators in a representative urban Brazilian population, Susin C, Haas AN, Oppermann RV, Haugejorden O, Albandar JM, Journal of Periodontology, octobre 2004